[MàJ - 20h] Le journaliste Gianni Lannes a invité la ministre italienne de l'environnement, Stefania Prestigiacomo, à participer à un débat télévisé contradictoire, où lui sera seul en studio, et elle sur un plateau télé de son choix, y compris sur les chaînes de Berlusconi. La ministre, qui pourra défendre son dossier en faisant appel à des experts, des universitaires, des scientifiques, des militaires, des spécialistes, etc., a trente jours à partir d'aujourd'hui pour donner sa réponse, conformément à la loi italienne...
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Incroyable : 73 bateaux bourrés de déchets toxiques et radioactifs coulés en Méditerrannée par la mafia avec la complicité des politiques, ça dépasse les frontières ça ! Ou non ? Ou c'est encore et toujours comme le nuage de Tchernobyl ?
En tout cas l'histoire des trafics d'armes et des déchets nucléaires (tout est lié) ne date pas d'aujourd'hui, déjà du temps de Craxi on en trouve des traces et même avant...
Mais bon, je dois faire court donc je me contente de vous livrer quelques photos avec les liens vers les articles en italien, plus deux vidéos. Si vous voulez en savoir plus, ça devrait vous permettre d'approfondir, et j'essaierai de vous tenir au courant dans le détail, mais pas cette semaine, je suis trop pris.
En attendant voici la carte de là où les bateaux ont été coulés :
[MàJ - 13h] À noter que cette cartographie est celle effectuée par un journaliste indépendant, également passionné de plongée sous-marine, qui a enquêté pratiquement seul, sans l'appui d'un journal derrière. À chaque numéro correspondent des preuves photographiques. Donc il s'agit d'une cartographie par défaut, puisque selon lui, il y en aurait beaucoup plus que ça :
D'après des estimations concrètes, en tout il y aurait environ 200 épaves (voir déjà cette liste), sans compter des milliers de conteneurs et de futs remplis de déchets chimiques et de scories radioactives.
Jetés en vrac... Donc le problème est qu'il n'y a aucune volonté politique de dire la vérité, comme toujours en Italie (et pas seulement...), puisque certaines de ces épaves sont mêmes couvertes par le secret d'état. Et plus l'état recule ... trouvez la rime de la nouvelle chanson du citoyen !
En attendant voici une épave, que vous pouvez voir filmée dans la deuxième vidéo ci-dessous :
et de jolis futs radioactifs pour nourrir les gentils petits poissons méditerranéens, quoi, qui c'est qui a dit qu'il était pas frais mon poisson ? (c'est plus du poisson, c'est du poison !) (comparer avec cette photo)
Et pour finir une vidéo où Gianni Lannes parle de son enquête, si vous comprenez l'italien, accrochez-vous, c'est du lourd...
P.S. Juste pour vous mettre l'eau à la bouche, Gianni explique comment le déclassement des vieilles installations nucléaires italiennes est confié à la 'ndrangheta, comme ça on est tranquilles !
Donc vous comprenez pourquoi quand EDF et Sarko veulent nous refiler une bonne dizaine de centrales nucléaires dans les années à venir (Berlusconi a même déjà tenté d'en placer 2 en Albanie, tandis que le petit Nicolas va en Roumanie...), entre la mafia qui s'apprête à gérer tout le cycle nucléaire - de la construction des centrales jusqu'à leur démantèlement - et les tremblements de terre et autres catastrophes naturelles en tous genres qui menacent plus de 90% du territoire italien, y a de quoi être rassurés...
P.S. II - Une précision, en passant : quand je dis que « la mafia s'apprête à gérer tout le cycle nucléaire - de la construction des centrales jusqu'à leur démantèlement », ce n'est ni une boutade ironique ni une tournure de phrase pour impressionner, c'est tout simplement la PLUS STRICTE VÉRITÉ !
Et puisque je suis dans les cartes, en voici une autre : c'est l'emplacement très probable des futurs sites nucléaires décidés il y a quelques jours par le gouvernement berlusconi dans le plus grand secret, car il y a les élections régionales dans un mois et ils veulent surtout pas que leurs électeurs sachent avant de voter qu'ils se retrouveront bientôt avec une centrale nucléaire devant leur jardin. Syndrome NIMBY oblige. Et je sais de quoi je parle, il y en a juste à côté de chez moi, non pas une, mais deux (une à moins de 50 km, et la deuxième qui devrait stocker les déchets de toutes les autres...) !
[MàJ - 29 janvier 2010] Les chiffres présentés dans ce billet sont indirectement confirmés par un rapport présenté cette semaine à Davos par le Council on Illicit Trade, qui classe l'Italie au premier rang du G5 du crime organisé (respectivement devant les mafias chinoises, japonaises, russes et sud-américaines), avec un C.A. estimé de 112 milliards $ réalisé en Italie.
L'écart avec les 135 milliards € s'explique par le fait que le rapport évalue un volume d'affaires transversal de 310,6 Mds $ pour les seuls États-Unis, où il est notoire que la mafia italienne occupe une place prépondérante.
Pour vous donner une idée de la progression, selon Elio Veltri et Antonio Laudati, qui ont récemment publié Mafia pulita, où ils définissent la mafia comme la première entreprise italienne, le C.A. 2003 était de 85 milliards d'euros (p. 40), soit une hausse de 50 milliards d'euros en 6 ans...
Une "évolution" contredisant quelque peu les annonces vaseuses du gouvernement Berlusconi, lorsqu'il déclare une semaine sur deux que la mafia est presque éradiquée ! (tout est dans le "presque" ;-)
Il y a quelques jours encore, en bon mytho, il a assuré que ce "phénomène pathologique" serait éradiqué "d'ici à la fin de sa législature" (2013, s'il y arrive, ce dont je doute), et l'a répété aujourd'hui-même. Juste un mensonge de plus à ajouter à une longue - très, très longue - liste...
L'intégralité du rapport (124 pages) n'est pas en ligne, mais il suffit de le demander [maintenant il l'est]. Ce que j'ai fait pour vous en parler, même si ce billet n'a pas pour but d'entrer dans les détails (trop long...), mais de vous fournir un aperçu de la situation actuelle. En commençant par les 78 milliards d'euros de bénéfice net pour l'année 2009, soit 6,5 milliards par mois, ou si vous préférez 213,7 millions / jour, presque 9 millions de l'heure, 150 000 euros à la minute ! Qui dit mieux...
Comme pour toute entreprise qui se respecte, le bénéfice net est donné par la différence entre le chiffre d'affaires global (135 milliards) et les charges (57 milliards), telles que salaires, logistique, frais d'avocats, argent servant à graisser la patte, etc.
Si le poste "salaires" vous surprend, il faut savoir que la main-d'œuvre mafieuse est composée de salariés qui perçoivent régulièrement leur mensualité (la mesata), y compris lorsqu'ils sont en prison (l'argent est alors directement reversé à leur famille, et c'est la mafia qui règle les honoraires des avocats). Voici l'organigramme extrait du rapport, traduit par mes soins :
Un tueur peut donc gagner jusqu'à 25 mille euros par mois, selon SOS Impresa qui a reconstitué les "salaires" à partir de tous les documents qui ont pu être retrouvés.
Le jour où j'aurai le temps, je consacrerai un billet à la structure de la mafia, pour expliquer comment elle est organisée par rapport au territoire, etc.
C'est quelque chose de difficilement concevable en France, mais la force de la mafia c'est la façon dont elle contrôle et noyaute le territoire et se substitue à l'État dans une série croissante de "fonctions régaliennes". Outre les complicités au niveau de l'État, c'est aussi ce qui explique pourquoi certaines cavales durent des décennies, parce que des portions entières de territoire échappent au contrôle des pouvoirs publics.
Pour vous donner un exemple, dans certaines zones de Naples où se vend la drogue, la camorra a construit des dos d'âne sur la chaussée pour ralentir les voitures de police en cas de poursuites !
Le premier élément de contrôle du territoire est le "pizzo", à savoir les sommes d'argent - petites ou grosses - que la mafia extorque aux commerçants, mais pas seulement (on a même vu des extorsions aux dépens de prêtres, d'écoles, etc.), pour leur assurer une soi-disant "protection" en retour.
Dans les marchés, par exemple, les vendeurs à l'étalage doivent payer 1 euro par jour à Palerme, ou entre 5 et 10 € par jour à Naples, mais peu ou prou, l'important c'est que tout le monde paye !!!
Toujours à Palerme, le rapport estime que 80% des commerçants sont soumis au racket et calcule des fourchettes mensuelles de 200 à 500 € pour un magasin normal, de 750 à 1 000 € pour une boutique plus élégante, 5 000 € pour un supermarché, 10 000 € pour un chantier, etc. Si je trouve le temps, je vous ferai un billet sur les déboires de Carrefour en Italie du sud...
Pour les commerçants rebelles, les moyens d'intimidation plus courants sont l'incendie, les bris de vitrine et la colle (colle forte dans les cadenas pour que le commerçant puisse pas ouvrir ses rideaux de fer le matin...). Ça, ce sont les avertissements. Si le commerçant persiste à faire sa mauvaise tête, la mafia passe ensuite aux manières fortes. Par contre, s'il paie, il est protégé contre tous ces aléas du métier !
J'arrête là, mais je n'ai pas peur de dire que si cette situation honteuse et indigne d'une démocratie se perpétue en Italie depuis bientôt un siècle et demi, la faute en revient principalement aux politiques, qui deviennent au fil des ans de plus en plus compromis et corrompus, à tous les niveaux, et, pour tout dire, plus mafieux que les mafieux...
[MàJ - 25 janvier 2010] J'ai vu dans mes liens référents que ce billet est cité sur Numérama, où l'un des commentateurs dit ceci :
Je ne suis pas complètement d'accord avec l'analyse de Jean-Marie Le Ray sur son blog. Oui, la directive européenne exclut "les activités dont la vocation première n'est pas économique et qui ne sont pas en concurrence avec la radiodiffusion télévisuelle, comme les sites web privés et les services qui consistent à fournir ou à diffuser du contenu audiovisuel créé par des utilisateurs privés à des fins de partage et d'échange au sein de communautés d'intérêt."
Mais dans ce genre de texte, chaque mot et chaque virgule a un sens.
(...)
Entendons-nous bien : je pense qu'il s'agit d'un décret pour que Berlusconi protège son empire audiovisuel, en plus qui aurait mérité de passer par une loi (quoique je ne connaisse pas bien le système législatif italien). Mais quand on combat quelqu'un, il ne faut pas se tromper d'argument, sinon on en prend plein la gueule. Et à mon avis, se battre contre le fait que c'est contraire à la directive européenne, c'est une erreur car il est facile de contre-argumenter.
Je précise donc que mon billet reprend surtout l'analyse dominante faite en Italie, qui est à l'origine d'une contestation officielle de l'opposition devant le Conseil d'État.
En outre, des voix contraires se sont élevées au sein même du parti de Berlusconi (PDL), notamment celle de Luca Barbareschi, et toutes ces protestations conjointes semblent porter leurs fruits puisque l'avis des Commissions parlementaires a été repoussé et la majorité laisse entendre que des amendements pourraient être apportés au texte du décret.
(j'ai essayé de répondre directement sur Numérama, où je me suis inscrit pour publier, mais mon commentaire n'a pas été accepté, j'ignore pourquoi)
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Je vous ai déjà entretenu des risques imminents de censure berlusconienne sur Internet, voici maintenant le dernier épisode en date : l'adoption du "décret Romani", du nom de l'actuel secrétaire d'État en charge des communications, Paolo Romani, ex patron de télévision ayant produit des émissions cultes telles que Colpo grosso...
En fait, l'affaire est un peu plus compliquée qu'il n'y paraît, car ce fameux décret ne concerne pas que la censure des web-télévisions, elle met également des bâtons dans les roues à Sky (la télé de Murdoch étant le seul concurrent sérieux de Berlusconi en Italie) et augmente le seuil d'annonces publicitaires essentiellement au profit des télés de ... Berlusconi, en doutiez-vous ?
Mais je me limiterai ici aux répercussions possibles sur Internet, un aspect fortement contesté par l'opposition qui a porté l'affaire devant le Conseil d'État, en accusant le gouvernement de "délégation excessive de compétences".
Aux fins de la présente directive, la définition du service de médias audiovisuels devrait couvrir exclusivement les services de médias audiovisuels, que ce soit de la radiodiffusion télévisuelle ou à la demande, qui sont des médias de masse, c’est-à-dire qui sont destinés à être reçus par une part importante de la population et qui sont susceptibles d’avoir sur elle un impact manifeste. Son champ d’application ne devrait couvrir que les services tels que définis par le traité, et donc englober toutes les formes d’activité économique, y compris l’activité économique des entreprises de service public, mais exclure les activités dont la vocation première n’est pas économique et qui ne sont pas en concurrence avec la radiodiffusion télévisuelle, comme les sites web privés et les services qui consistent à fournir ou à diffuser du contenu audiovisuel créé par des utilisateurs privés à des fins de partage et d’échange au sein de communautés d’intérêt.
Or que fait Berlusconi ? Au lieu de les exclure, il les inclut !
Et plus précisément à l'article 4, premier alinéa, lettre a) du décret :
Dans le cadre du présent texte unique, on entend par :
a} services de médias audiovisuels : ... les services, y compris diffusés via Internet, qui impliquent la fourniture ou la mise à disposition d'images animées, sonores ou non, pour lesquels le contenu audiovisuel n'a pas un caractère purement secondaire.
En fait, le décret assimile la télévision IP à la télé tout court !
Un bon raccourci pour appliquer aux web télévisions la législation applicable aux télés traditionnelles, parfaitement contraire à l’esprit de la directive...
Par conséquent si ces web tv, qui disposent de moyens limités, sont désormais obligées d'obtenir des autorisations gouvernementales pour diffuser, on voit mal comment elles pourront subsister.
Et qu'en sera-t-il pour l'internaute lambda qui diffusera sur son site un extrait de Youtube ou autre ? Selon Google, les violations seraient passibles d'amendes pouvant aller jusqu'à 150 000 euros...
P.S. Un peu hors sujet, mais je signale à celles et ceux qui ont suivi sur mon blog l'agression à Berlusconi, que le parquet de Milan vient d'ordonner une expertise médicale sur le patient pour en savoir un peu plus sur la véritable nature de ses blessures...
[MàJ - 25 janvier 2010] Si un éditeur est intéressé, j'ai un synopsis à disposition... (courriel)
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Voilà, c'est décidé : je consacrerai l'année 2010 à l'écriture d'un essai sur la République italienne !
En fait, le 17 mars 2011, l'Italie célébrera le 150e anniversaire de son "Unité", un événement qui ne manquera pas d'attirer l'attention sur ce pays.
Or comme l'observe fort justement Olivier Duhamel : « Peu de pays sont aussi difficiles à comprendre pour un étranger que l’Italie » !
Initialement, je voulais me cantonner à la "deuxième République italienne" (il y a déjà beaucoup à dire...), mais il est clair qu'expliquer la deuxième sans aucune référence à la première serait le meilleur moyen de ne rien faire comprendre à un lectorat francophone.
De plus les changements imminents à la Constitution promettent très probablement l'avènement d'une 3ème république, peut-être même dès cette année, de type présidentialiste comme le souhaite tant Berlusconi... D'où la nécessité de traiter ça comme un continuum, de la 1ère à la 3ème...
Mon postulat de départ étant qu'à l'époque de Tangentopoli, l'Italie s'est trouvée face à un tournant de son histoire, qu'elle a malheureusement mal négocié...
Or elle est aujourd'hui face à un tournant semblable, face à des enjeux semblables, et je trouve que ce qui transparaît dans la presse et sur Internet est peu ou mal traité, et trop souvent si superficiellement que c'en est caricatural...
Donc même si je n'ai pas encore d'éditeur, plutôt que d'écrire sur mon blog j'écrirai mon livre, aussi serai-je moins présent sur Adscriptor, veuillez m'en excuser à l'avance. On verra bien ce qui se passera.
Mais si jamais ces quelques lignes donnent l'envie d'en savoir plus à un éditeur de passage, n'hésitez pas à me contacter, je vous promets du surprenant !
Parce que c'est vraiment surprenant ce qui se passe ici, parfait exemple de combien la réalité va beaucoup, mais beaucoup, beaucoup plus loin que la fiction...
P.S. Que cela ne vous empêche pas de me poser des questions en commentaire, par exemple sur les choses qui vous semblent difficiles à saisir sur ce pays vu d'ailleurs, même si je ne réponds pas directement en ligne, soyez assurés que j'en tiendrai compte dans la rédaction de mon essai. Et si vous voulez me faire de la pub dans la recherche d'un éditeur, et bien ne vous gênez surtout pas ;-)
[MàJ - 21 décembre 2009] Après les nombreux commentaires que j'ai reçus sur ce billet et sur mes deux billets italiens (près de 60 en tout), je crois bien que je suis obligé de remettre le point d'interrogation : ce fameux "bout de plexiglas" serait bien un effet d'optique, de nombreux commentateurs me le confirment ! Malheureusement je n'y connais rien en photo, et le fait que par un extraordinaire concours de circonstances l'agresseur ait également été en possession d'une feuille de plexiglas m'a induit en erreur.
Je dois donc faire mes excuses à Silvio Berlusconi et à qui me lit. Même si je ne l'aime pas, c'est pas une raison pour écrire des conneries. Je suis vraiment désolé.
Jean-Marie
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[MàJ - 19 décembre 2009] Ce matin j'ai publié un billet sur mon blog italien où j'ai enlevé le point d'interrogation : l'attentat est bidon !
Je rédigerai quelque chose en français la semaine prochaine, mais tous les éléments sont déjà présents dans ce billet : toutes les télés du monde ont fait voir un homme qui brandit un objet, vise et le lance ; or sur une distance de moins de 3 mètres, la "chose" qui atteint simultanément Berlusconi au visage est totalement différente - de par sa nature, sa taille et sa couleur - de l'objet qui a été lancé. Si quelqu'un a une autre explication - convaincante et motivée - que la supercherie, je suis tout-ouïe !
[MàJ - 18 décembre 2009] Dans les commentaires, je disais ceci :
Sur la vidéo ça va très vite donc c'est impossible d'avoir une certitude à l'œil nu, mais il suffirait d'analyser les photogrammes pour avoir une preuve irréfutable.
Je disais cela parce que sur la vidéo on voit passer l'ombre d'un objet, censé être un modèle en miniature du dôme de Milan, mais comme je l'expliquais en commentaires sur mon blog italien, l'ombre est foncée alors que le modèle est en poudre de marbre blanc (le sillage devrait donc être blanc), et même la masse ne semble pas correspondre.
Voilà l'idée que je me faisais à l'œil nu, et voilà pourquoi la décomposition en photogrammes m'aurait permis d'y voir plus clair. Or voilà qu'un journal italien publie une photo où l'on distingue clairement l'objet qui frappe Berlusconi. Y a-t-il manipulation, je vous laisse juges...
Voici tout d'abord le modèle de reproduction du dôme de Milan (environ 200 g), identique à celui qu'aurait lancé l'agresseur, selon ce qu'ont raconté tous les médias italiens, presse et télé confondus :
Ce sont les pointes et l'aiguille qui auraient dû blesser Berlusconi, et laisser immédiatement des traces...
Voici maintenant, bien visible sur le photogramme, l'objet réel qui atteint Berlusconi :
Je ne sais pas exactement ce que c'est, mais ça ressemble furieusement à un bout de plexiglas. Je voudrais donc qu'on m'explique par quel "miracle" un tel objet peut procurer de telles blessures, casser un nez et briser deux dents !!!
J'ajoute que si quelqu'un connaît un moyen d'extraire un ralenti de la vidéo ci-dessous et de décomposer les photogrammes, je suis preneur !
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Une fois n'est pas coutume, je voudrais adapter en français le dernier billet que j'ai posté sur mon blog italien. Écrit après avoir vu une séquence de photos de l' "agression" de dimanche dernier à Berlusconi, qui n'est pas sans me laisser perplexe.
En commençant par la première photo, qui montre la joue de Berlusconi intacte (chose qu'on voit parfaitement aussi sur les clips vidéo) :
Donc, aucune trace de sang immédiatement après l'impact, ni le moindre son émis par Berlusconi alors qu'officiellement il a le nez cassé et deux dents brisées. Juste en apparence un visage affecté par la douleur, avant même qu'il se couvre le visage. En outre :
aucune trace de blessure sous l'œil
aucune trace de blessure à la joue
aucune trace de blessure au-dessus de la lèvre
Donc je me demande comment cette photo est compatible avec les deux suivantes, puisque normalement les lacérations auraient dû être visibles instantanément sous la violence du choc :
Mais les questions ne s'arrêtent pas là. Selon son médecin personnel, suite à l'agression, Berlusconi aurait perdu un demi-litre de sang !
Or comme on le voit sur la photo ci-dessus, son col de chemise est immaculé. Pas même un point rouge comme sur la chemise de quelqu'un qui se serait mal rasé... Extraordinaire, non ? Sans compter qu'un nez cassé sans saigner et sans même une excoriation visible, je me demande si c'est courant...
Jusqu'au mouchoir qui est d'une blancheur éclatante, on dirait un linge tout frais lavé avec la dernière lessive qui lave plus blanc que blanc, un mouchoir qui n'a pas servi à lui empêcher le sang de couler, puisque dès l'impact il serrait déjà de ses deux mains une espèce de sac poubelle noir pour se couvrir le visage.
C'est quand même rare qu'un homme politique serre des mains en même temps qu'un sac poubelle, ou je rêve !?
Et enfin, il y a cette photo, pour le moins bizarre :
Alors qu'en pensez-vous : coup monté ou photomontage ?
Sur la capture ci-dessous, entre 1'22'' et 1'24'', qui représente pratiquement la même photo que la première de ce billet, mais sous un angle légèrement différent, on voit parfaitement le visage, sans la moindre égratignure !!! Et pourtant il a déjà reçu le coup...
Le 5 décembre à Rome (et pas seulement) a eu lieu le No Berlusconi Day, une manifestation convoquée directement sur ... Facebook (qui est vraiment en train de changer la donne) ! Pour demander les démissions de Silvio Berlusconi.
90 000 selon la Préfecture ! Mensonge totalement invraisemblable mais commode, puisqu'il a permis aux télévisions de Berlusconi (publiques et privées) de raconter aux italiens que la manifestation a été peu suivie !!!
Comme quoi, à ce niveau, il suffit d'oublier un 0 pour faire croire ce qu'on veut au bon peuple. Qui me fait de plus en plus penser au petit bétail qu'on mène à l'abattoir en lui faisant croire qu'il part en promenade. Comme ça il va vers son destin tranquille et confiant, en chantant et en applaudissant. Et quand il finit par comprendre, c'est trop tard...
C'est bien simple, le lendemain, le pouvoir a organisé la mascarade de l'arrestation de deux mafieux, avec des figurants pour applaudir !!!
Nous ne sommes plus dans l'information, nous sommes dans la désinformation pure, la propagande de régime, le mensonge d'état. Avec des moyens qui auraient fait pâlir d'envie Goebbels. Indignes d'une quelconque démocratie. Mais l'Italie n'a jamais été un pays véritablement démocrate, à ce jour, et nous verrons dans les semaines et les mois qui viennent si les italiens méritent de conquérir une vraie démocratie, ou pas...
En tout cas, cette fois, le troupeau n'aura plus d'excuses. Les éclaireurs ont fait leur travail. La conscience du pays aura parlé. En masse. J'ai mis plus de 3 heures pour un itinéraire d'environ 2 - 2,5 km. Soit une moyenne de 7-800 mètres à l'heure. Je suis parti avant 15h avec un soleil magnifique, je suis arrivé à la tombée de la nuit sur la place qui fait face à la basilique de Saint-Jean de Latran, la plus grande place de Rome, qui était déjà comble alors que le cortège était encore à mi-chemin !
Un fleuve humain avec des confluents noirs de monde. Pour vous donner une idée, lorsque la place est pleine pour le concert gratuit du 1er mai, c'est au minimum entre 350 et 500 000 personnes. Or là, non seulement la place était pleine, mais il fallait compter en plus 2 km de cortège avançant au pas. Nous étions encore Via delle Terme di Diocleziano (le début du parcours) qu'on nous annonçait que la tête du cortège avait déjà atteint la place.
En fait, une bonne part du cortège n'a pas pu rejoindre la place devant la basilique, qui ne pouvait plus contenir personne. Personnellement, j'y suis allé seul et ensuite j'ai mis plus de 30 minutes juste pour la traverser !
Déclarations des politiques proches de Berlusconi : trois pelés et un tondus, toujours les mêmes, communistes, justitialistes, réactionnaires, etc. Ou comment liquider en deux conneries 1 million de personnes qui crient dans les rues de Rome, Berlusconi t'es une merde, un mafieux, démissionne, fais-toi juger, etc.
Toutes catégories confondues ! Enfants, jeunes, vieux, même les chiens portaient des écharpes ou des pompons violets. Des communistes, certes, mais une telle participation massive va bien au-delà des couleurs politiques, elle est transversale, horizontale, ni de droite ni de gauche, une classification spécieuse qui ne veut plus rien dire, mais encore bien utile pour tromper les gens !
Le peuple des gens honnêtes, qui veulent justice et vérité et n'en peuvent plus des magouilles et des mensonges du pouvoir en place. Un pouvoir qui se réclame de la souveraineté du peuple ... manipulé, trompé, réprimé. Il n'est que de voir l'accueil que réserve désormais le peuple souverain à Berlusconi lors de ses déplacements. Comme disait Coluche, un peuple qui salue chaleureusement son leader, en agitant ses chaînes.
Des chaînes invisibles, certes, mais qui n'en sont pas moins présentes. En tout cas voici les quelques images que j'ai ramenées de cette splendide journée, une journée d'espoir et de solidarité civile.
Cela a-t-il encore un sens, et, si oui, pour combien de temps ?
P.S. Dans la série "information à sens unique" / désinformation / mensonge / propagande, le parti de Berlusconi a déjà annoncé une contre-manifestation pour l'année prochaine. Voulez-vous parier que les principales télévisions italiennes assureront le direct, chose qui a injustement été refusée au No Berlusconi Day ?
D'autre part, la chose est compréhensible : si le service public devait se mobiliser chaque fois qu'un million de personnes descendent dans la rue, où irait-on !?
Je signale également que j'ai été interviewé par la correspondante d'Europe 1 en Italie, si jamais quelqu'un en a eu l'écho, merci de me laisser vos commentaires ici :-)
Vu que vous risquez d'entendre parler de plus en plus souvent de l'implication - présumée - des compères Silvio Berlusconi et Marcello Dell'Utri dans les attentats mafieux qui ont ensanglanté l'Italie entre le printemps 1992 et l'automne 1993 (et jusqu'à début 1994 si l'on considère l'attentat au stade olympique de Rome, quand bien même la date d'exécution n'a pas été établie de façon certaine), je voudrais vous fournir quelques éléments pour vous permettre de mieux saisir le phénomène du "repentisme" (pentitismo en italien), pratiquement inconnu en France et dont l'appréhension va rarement au-delà d'une signification primaire du terme "repenti".
Or ce thème va être crucial pour Berlusconi dans les semaines et les mois à venir, car toute sa défense contre ceux qui l'accusent d'avoir été commanditaire externe des attentats va se jouer autour de la "fiabilité" et de la "vérité" que l'on peut accorder - ou pas - à la parole de ces "repentis" (à moins qu'elle ne soit étayée par des preuves matérielles irréfutables, chose que nous ne savons pas encore).
Terme dont Wikipedia nous dit qu'il désigne les membres de la mafia italienne (Cosa Nostra, 'Ndrangheta, Camorra) qui acceptent de briser l'omertà (ou loi du silence), et livrent des informations à la police en échange d'une protection et d'une remise de peine.
Donc pour écrire ce billet je vais m'appuyer sur un reportage diffusé il y a quelques semaines à la télé italienne (23 octobre dernier), durant l'émission Blu Notte - Misteri italiani, de Carlo Lucarelli, sur l'histoire des repentis mafieux.
Qui récapitule l'historique du repentisme en Italie, défini comme la "mafia qui parle" ... sans toujours être entendue ni écoutée. En tout cas un gros problème d'abord pour la mafia, puisque tout ce que l'on sait aujourd'hui sur la nature et les formes de la culture mafieuse, nous le savons grâce à la parole des "repentis".
Dont le premier remonte à l'année 1876, lorsque mafia s'écrivait avec 2 f (maffia), un certain Salvatore D’Amico, affilié à la secte des Stuppagghiari, qui décrivit le rituel d'initiation et se déclara prêt à confirmer publiquement ses accusations, mais qui fut assassiné un mois avant l'ouverture du procès.
Sans trop entrer dans les détails, passons à Melchiorre Allegra, un médecin d'Alcamo qui fut le premier, en 1937, à parler des relations entre la mafia et la politique (déjà !), mais dont les déclarations furent mises aux oubliettes et ne furent retrouvées qu'en ... 1962, soit 25 ans plus tard, et publiées par Mauro De Mauro.
L'année suivante, en 1963, Joe Valachi, premier repenti de la mafia américaine, déclara au FBI que pour les mafieux, la mafia était "cosa nostra" (notre chose). En 1978, ce fut autour de Giuseppe Di Cristina, premier à parler de la montée en puissance des corléonais.
Mais la véritable rupture des liens de l'omertà, elle arrive en 1973 avec Leonardo Vitale, un tueur de la mafia qui décida de se repentir, au véritable sens du terme, et qui eut probablement le malheur de faire ses premières déclarations devant Bruno Contrada, qui mirent en cause pratiquement 400 personnes. Au final, seuls lui et son oncle furent condamnés ! Officiellement, il ne fut jamais cru, mais plutôt considéré comme fou et interné en asile où il subit plusieurs électrochocs. Démis en juin 1984, il fut assassiné 6 mois plus tard.
L'État n'avait pas daigné prendre en considération sa dénonciation de Totò Riina, Bernardo Provenzano, Michele Greco et Vito Ciancimino, entre autres, cosa nostra donna plus de poids à ses paroles...
La mafia avait parlé, mais elle ne fut pas écoutée, jusqu'en ... 1984, avec la "collaboration" entre Tommaso Buscetta et Giovanni Falcone.
Donc, pour récapituler, de 1876 à 1984, il aura fallu plus d'un siècle pour que l'État italien se décide, ENFIN, à écouter parler la mafia, les très rares fois où quelques-uns de ses membres donnèrent un éclairage important au phénomène mafieux, d'autant plus important qu'il venait de l'intérieur.
Si important que nous vivons encore aujourd'hui les conséquences de la collaboration de Tommaso Buscetta ! Mais il faudrait un livre entier pour raconter tout ça... (et je ne trouve toujours pas d'éditeur, malheureusement :-)
De plus, en 1984, nous sommes en pleine guerre de mafia (plus de 1 000 morts violentes entre 1978 et 1983), avec la décimation en règle des chefs et des clans perdants - Bontate, Badalamenti, Inzerillo - par le camp vainqueur des corléonais - Liggio, Riina, Provenzano. Buscetta lui-même, proche des clans perdants, vit exterminés quatorze membres de sa famille proche : ses 2 fils aînés, son frère et son neveu, son gendre et ses neveux, son beau-frère, son témoin de mariage, etc.
Son "repentir" fut d'ailleurs un acte de vengeance assumé, puisqu'il commença ses déclarations par la phrase : "je ne me repens de rien, je ne renie rien de ce que j'ai fait"...
Giovanni Falcone, le juge à qui Buscetta raconta son passé mafieux parce qu'il avait confiance en lui, expliqua qu'il considérait Buscetta comme un prof de langue étrangère, capable de lui fournir une clé d’interprétation, une méthode et un code pour déchiffrer les infos liées à la mafia, sa structure interne, ses rites, etc., et que tout ceci fut véritablement le "début de la connaissance de Cosa Nostra" !
Une "collaboration" qui déboucha sur le maxi-procès de février 1986 : 475 personnes renvoyées devant la justice, qui se termina le 15 décembre 1987 et dont 375 condamnations furent confirmées en cassation, en 1992, véritable motif à l'origine de la saison des carnages...
Dans les années qui suivirent, l'État dut gérer jusqu'à 1 240 "repentis", en ne disposant pour encadrer une matière aussi délicate que de la loi Cossiga du 6 février 1980 sur les repentis du terrorisme pendant les années de plomb, une lacune législative qu'il fallut donc combler. D'autant plus que cette carence, jointe à un certain manque d'expérience des enquêteurs pour gérer ces situations et à la masse de repentis, conduisirent inévitablement à des débordements, des excès, des dépistages (faux repentis qui racontaient n'importe quoi pour brouiller les pistes ou décrédibiliser les "vrais" repentis), et des polémiques à n'en plus finir sur la fiabilité du "repentisme" en général.
De 428 repentis en 1996 ils n'étaient plus que 237 en 2007, signe que le rapport de force est en train de s'inverser. Car lorsque les mafieux croient appartenir à une organisation perdante, ils se repentent. Inversement, le jour où ils pensent que l'État n'est plus assez fort pour les protéger, ils ne se repentent plus. Est-ce un hasard si aujourd'hui la mafia parle de moins en moins ?
D'où la nécessité pour les juges de tout vérifier, de tout recouper, pour parvenir à des niveaux probatoires d'autant plus élevés que les inculpés sont haut placés dans l'échelle sociale, voir les procès Andreotti, Dell'Utri, et, probablement bientôt, Berlusconi...
Dont les "points de contact" avec la mafia sont nombreux, certains prouvés, étalés dans le temps : selon Gaspare Mutolo, la mafia voulait déjà kidnapper Berlusconi dans les années 70, ce qui l'amena à "embaucher" Vittorio Mangano suite à une réunion à Milan entre Berlusconi, Mimmo Teresi et Stefano Bontate, le chef des chefs de la mafia de l'époque. Au terme de la rencontre, Berlusconi aurait déclaré à Bontate qu'il "était à disposition pour quoi que ce soit". Or "être à disposition de la mafia", ça signifie "corps et âme"...
Mais s'il est vrai qu'il convient de mettre le conditionnel aux propos rapportés, cela fait quand même beaucoup de déclarations et de coïncidences concordantes ; et beaucoup de déclarations et de coïncidences concordantes, ça donne un indice ; certes, un indice reste un indice, mais si deux indices font un soupçon et trois indices une preuve, dans le cas de Berlusconi nous avons des indices par ... dizaines et dizaines, voire par centaines en incluant Dell'Utri, outre quelques preuves "matérielles", des écoutes téléphoniques, des chantages, etc. ! Répartis sur plus de trente ans !
Sans compter les déclarations de nombreux repentis qui se recoupent parfaitement, depuis longtemps déjà, et qui continuent d'arriver, apparemment avec de plus en plus de force.
Par conséquent même s'il est clair que Berlusconi va mobiliser toute sa puissance de feu médiatique pour démolir les repentis qui l'accusent, en hurlant à la persécution judiciaire par des juges communistes qui manœuvrent les repentis à des fins politiques et en insistant sur le fait qu'il s'agit d'assassins de prêtres et d'enfants innocents, il est tout aussi clair que corréler la véracité de leurs déclarations aux crimes féroces qu'ils ont commis n'est en rien un gage de vérité ! En gros, l'équation est celle-ci : tu es un tueur, donc tu mens. A contrario, je suis président du conseil, donc par définition je ne peux pas mentir. Mais les apparences peuvent parfois être trompeuses, ô combien !
C'est là où je voudrais faire une brève digression sur la "parole mafieuse".
Dans la langue des mafieux, les mots ont un poids spécifique qui les rend difficilement compréhensibles par le citoyen lambda. D'un côté, il semble qu'ils utilisent le même vocabulaire, les mêmes mots, et pourtant ils n'ont pas le même sens. On en revient un peu à Falcone comparant Buscetta à un professeur de langue étrangère...
Ils parlaient pourtant la même langue ! Donc je me suis souvent demandé pourquoi cette différence de perception, à la fois culturelle et mystérieuse : derrière les apparences les plus simples se cachent des réalités beaucoup plus subtiles. Comme les "pizzini" de Provenzano, ces courts messages tapés sur une vieille machine à écrire, où certaines fautes d'orthographe sont faites intentionnellement pour laisser croire au lecteur que le scripteur est à peine plus qu'un cancre...
Or à mon avis, ce qui donne aux mots mafieux cette densité propre, c'est que la contrepartie des mots qu'ils prononcent, c'est la mort !
Roberto Saviano est passé maître dans l'art de décrypter ce langage. Du reste, lui-même est condamné à mort à cause des mots qu'il a écrits...
Par conséquent, qui croire entre des tueurs mafieux qui ont avoué leurs crimes et un président du conseil qui ment comme il respire ?
Pour moi, la réponse pourrait couler de source. Et pour vous ?
P.S. À propos d'omertà, je voudrais vous proposer les deux principales pistes étymologiques, dont l'une est davantage liée à la camorra, et l'autre à la 'ndrangheta :
Omertà viendrait du terme umertà appartenant au dialecte napolitain, qui remonte au latin humilitas. La camorra était également dénommée la Société de l’humilité, et dans ce cadre omertà signifie soumission et respect absolu des règles imposées aux membres de la "Société"...
Dérivé de omineità (humanité), étymon "omu" (homme), adaptation probable de l'espagnol "hombredad" (de "hombre", homme), puisque la Sicile a été espagnole pendant plusieurs siècles. Dans ce cas, la notion d'omertà signifie "être homme", "homme d'honneur".
Ceci dit, la mafia comme "honorable société" a fait son temps, et en Italie les seuls qui se font appeler "honorables", aujourd'hui encore, ce sont les parlementaires. Dont la moralité est assez souvent inversement proportionnelle au titre qu'ils portent...